# À quoi sert une assurance décès et comment la choisir ?

La disparition soudaine d’un proche bouleverse non seulement l’équilibre émotionnel d’une famille, mais elle engendre également des conséquences financières parfois dramatiques. Lorsque le principal apporteur de revenus décède, les charges courantes demeurent : crédit immobilier, factures énergétiques, frais de scolarité, sans oublier les dépenses funéraires qui s’élèvent aujourd’hui en moyenne à 4 200 euros selon les dernières études du secteur. Face à cette réalité, l’assurance décès s’impose comme un dispositif de prévoyance indispensable pour protéger financièrement vos proches et leur garantir un filet de sécurité en cas de coup dur. Contrairement à l’assurance vie qui constitue avant tout un produit d’épargne, le contrat d’assurance décès vise exclusivement à couvrir le risque de disparition prématurée en versant un capital ou une rente aux bénéficiaires désignés. Comprendre les mécanismes de cette protection, identifier vos besoins réels et sélectionner le contrat le plus adapté à votre situation familiale et professionnelle devient donc une démarche essentielle pour anticiper l’avenir sereinement.

Définition et mécanismes contractuels de l’assurance décès

L’assurance décès représente un contrat de prévoyance par lequel vous garantissez le versement d’une somme déterminée à vos bénéficiaires en cas de disparition. Ce dispositif juridique repose sur le principe de mutualisation des risques : les cotisations versées par l’ensemble des assurés permettent d’indemniser les bénéficiaires lorsque le décès survient. Contrairement aux idées reçues, ce type de contrat ne constitue pas une épargne que vous pourriez récupérer ultérieurement. Il s’agit d’une protection pure contre un aléa dont la réalisation déclenche automatiquement l’indemnisation. La souscription implique généralement un questionnaire de santé permettant à l’assureur d’évaluer votre profil de risque et d’ajuster en conséquence le montant des primes. Les tarifs varient considérablement selon votre âge, votre état de santé, votre profession et vos habitudes de vie, notamment le tabagisme qui peut entraîner une majoration de 30 à 50% des cotisations.

Le capital décès garanti et les modalités de versement aux bénéficiaires

Le capital décès constitue le montant que vous déterminez lors de la souscription et qui sera versé à vos bénéficiaires à votre disparition. Cette somme varie généralement entre 10 000 euros et plusieurs millions d’euros selon vos besoins et vos capacités contributives. Vous disposez de deux options principales pour le versement : le capital unique, qui permet aux bénéficiaires de recevoir l’intégralité de la somme en une seule fois, ou la rente viagère, qui garantit des versements périodiques jusqu’au décès du bénéficiaire. Le choix entre ces modalités dépend essentiellement de la situation de vos proches. Pour un conjoint approchant de la retraite, une rente mensuelle peut assurer une stabilité financière durable, tandis qu’un capital unique convient davantage pour rembourser un emprunt ou financer les études supérieures des enfants. Certains contrats proposent également des formules mixtes combinant un capital immédiat pour les frais urgents et une rente pour les charges récurrentes. Le délai de versement s’étend généralement de 15 à 30 jours après réception des justificatifs par l’assureur, permettant ainsi une réactivité appréciable

pour aider la famille à faire face aux premières dépenses. En pratique, plus votre dossier est complet (acte de décès, justificatifs d’identité, relevé d’identité bancaire du bénéficiaire, éventuel certificat médical), plus le versement du capital décès intervient rapidement. Il est donc utile d’informer vos proches de l’existence de votre assurance décès et de l’assureur auprès duquel le contrat a été souscrit, afin d’éviter toute perte de temps au moment où chaque jour compte.

La distinction entre assurance décès temporaire et assurance vie entière

La première grande distinction à maîtriser concerne le choix entre assurance décès temporaire et assurance décès vie entière. L’assurance temporaire couvre votre décès sur une période déterminée : par exemple jusqu’à vos 65 ou 70 ans, ou pour la durée de remboursement de votre prêt immobilier. Si le décès survient pendant cette période, le capital décès est versé ; si vous êtes encore en vie au terme, le contrat s’éteint sans restitution des cotisations. On parle alors de contrat « à fonds perdus », comparable à une assurance habitation que vous payez chaque année sans récupérer de prime si aucun sinistre ne survient.

À l’inverse, l’assurance décès vie entière garantit le versement du capital quelle que soit la date de votre disparition, sans limite d’âge. Le risque de décès étant certain à long terme, l’assureur doit provisionner le contrat sur une durée beaucoup plus longue, ce qui explique des primes plus élevées à garanties équivalentes. Ce type de couverture est particulièrement adapté si vous souhaitez financer à coup sûr vos frais d’obsèques, transmettre un petit patrimoine ou protéger un proche vulnérable, même si vous décédez très tardivement. Il existe enfin des contrats « vie entière différés », qui ne prennent effet qu’à partir d’un âge donné (par exemple 60 ans), ce qui permet de réduire légèrement le coût.

Pour choisir entre temporaire et vie entière, vous pouvez vous poser une question simple : cherchez‑vous à couvrir un risque de décès prématuré (avant la retraite, pendant un crédit) ou à assurer à coup sûr le versement d’un capital décès à vos proches ? Dans le premier cas, un contrat temporaire bien calibré sera souvent plus économique. Dans le second, la vie entière s’impose, quitte à ajuster le montant de capital pour maintenir des cotisations supportables.

Le fonctionnement de la clause bénéficiaire et sa rédaction optimale

La clause bénéficiaire constitue le cœur juridique de votre assurance décès. C’est elle qui détermine à qui sera versé le capital décès en cas de disparition. Vous pouvez désigner une ou plusieurs personnes, sans obligation de lien de parenté : conjoint, partenaire de PACS, enfants, parents, frère ou sœur, mais aussi un ami proche ou même une association reconnue d’utilité publique. En l’absence de désignation, le capital intègre votre succession et sera réparti entre vos héritiers légaux, souvent de façon moins efficiente sur le plan fiscal.

La rédaction de la clause bénéficiaire doit être précise pour éviter tout litige. Vous pouvez opter pour une formulation nominative (par exemple « Madame X, née le… ») ou utiliser des termes génériques comme « mon conjoint non séparé de corps ni divorcé », puis « à défaut mes enfants nés ou à naître, vivants ou représentés, par parts égales entre eux ». Cette seconde approche offre l’avantage de rester valable même en cas de naissance ultérieure d’un enfant ou de remariage. Vous avez par ailleurs la possibilité de rédiger la clause dans un testament déposé chez un notaire, ou de la modifier à tout moment par lettre recommandée adressée à l’assureur, sans devoir informer les bénéficiaires en place.

Une bonne pratique consiste à prévoir des bénéficiaires de second rang (« à défaut ») au cas où le bénéficiaire principal décèderait avant vous ou renoncerait au capital décès. Il est également possible de préciser la répartition du capital entre plusieurs bénéficiaires (par exemple 60 % pour le conjoint et 40 % à parts égales entre les enfants). Enfin, pour certains patrimoines complexes ou en présence d’enfants de différentes unions, un conseil auprès d’un notaire ou d’un conseiller en gestion de patrimoine peut s’avérer précieux pour optimiser la clause bénéficiaire et éviter des conflits successoraux ultérieurs.

Les exclusions de garantie et délais de carence applicables

Comme tout contrat d’assurance, l’assurance décès comporte des exclusions de garantie et, parfois, des délais de carence. Les exclusions dites « légales » sont communes à la plupart des assureurs : le suicide de l’assuré dans la première année de souscription, le décès provoqué intentionnellement par le bénéficiaire, ou encore certaines situations liées à un risque volontairement aggravé (participation à un crime, conduite en état d’ivresse manifeste, usage de stupéfiants, etc.). À ces exclusions de base peuvent s’ajouter des limites propres à chaque compagnie : pratique de sports extrêmes, séjours en zones à haut risque géopolitique, professions dangereuses non déclarées.

Le délai de carence correspond à la période suivant la signature du contrat durant laquelle la garantie décès ne joue pas en cas de décès par maladie. Il peut varier de quelques mois à deux ans selon l’âge de souscription, le niveau de capital et la présence ou non de questionnaire médical. Pendant ce laps de temps, seul un décès par accident est en général couvert. Ce mécanisme permet à l’assureur de se prémunir contre une souscription tardive lorsque la maladie est déjà déclarée. C’est pourquoi il est essentiel de lire attentivement les conditions générales : un contrat d’assurance décès affichant une cotisation très attractive peut parfois cacher un délai de carence long ou des exclusions nombreuses.

Pour sécuriser au mieux vos proches, vous avez intérêt à privilégier un contrat d’assurance décès toutes causes avec peu d’exclusions, en acceptant le cas échéant un questionnaire médical un peu plus poussé. N’hésitez pas à interroger votre conseiller sur les cas concrets : qu’advient‑il si vous pratiquez la plongée sous‑marine ? Si vous partez travailler à l’étranger ? Ces questions pratiques, que l’on n’ose pas toujours poser, permettent pourtant d’éviter des déconvenues au moment du sinistre.

Protection financière de la famille et transmission patrimoniale

Le maintien du niveau de vie du conjoint survivant et des enfants

La première vocation d’une assurance décès est de protéger le niveau de vie de votre foyer si vous venez à disparaître. Le décès du principal apporteur de revenus peut faire chuter brutalement les ressources du ménage, alors que les charges fixes – loyer ou remboursement de prêt, factures, assurances, frais de garde ou de scolarité – restent inchangées. Le capital décès permet de lisser ce choc financier en offrant une réserve de liquidités immédiate. Utilisé avec discernement, il peut financer plusieurs années de dépenses courantes, le temps que le conjoint survivant réorganise sa situation professionnelle ou perçoive une pension de réversion.

Pour les familles avec enfants, l’assurance décès joue aussi un rôle clé dans la continuité des projets. Un capital décès ou une rente éducation bien calibrés permettent de maintenir les enfants dans le même établissement scolaire, de préserver leurs activités extrascolaires ou de financer des études supérieures, même en cas de disparition prématurée d’un parent. C’est un peu comme installer un « filet de sécurité » sous le projet de vie familial : on espère ne jamais avoir à s’en servir, mais il est rassurant de savoir qu’il existe. Dans cette logique, beaucoup de parents choisissent un capital équivalent à deux ou trois années de revenus, afin de disposer d’une marge de manœuvre confortable.

Le remboursement anticipé du crédit immobilier en cas de décès

On confond souvent assurance décès et assurance emprunteur liée à un crédit immobilier. Les deux couvrent bien un risque de décès, mais leur fonction diffère. L’assurance emprunteur est destinée à rembourser au prêteur le capital restant dû du prêt, afin de libérer le conjoint ou les co‑emprunteurs de cette dette en cas de décès. Elle protège donc en priorité la banque. L’assurance décès, elle, protège directement vos proches, en leur versant un capital dont ils peuvent disposer librement, que ce soit pour solder un crédit immobilier, financer des travaux, ou simplement constituer une réserve de sécurité.

Dans une stratégie globale de prévoyance, il peut être pertinent de combiner les deux dispositifs. Par exemple, vous pouvez souscrire une assurance emprunteur couvrant 50 % du prêt pour chaque membre du couple, et compléter par un contrat d’assurance décès individuel qui permettra, en cas de disparition de l’un, de rembourser le solde du prêt et d’assurer quelques années de revenus. Cette approche offre un double avantage : alléger le coût de l’assurance emprunteur, souvent plus onéreuse, tout en apportant un capital plus flexible. Là encore, l’objectif est d’éviter que le conjoint survivant ne soit contraint de vendre le bien immobilier à la hâte pour des raisons purement financières.

La compensation de la perte de revenus pour les travailleurs indépendants

Pour les travailleurs indépendants, professions libérales, artisans ou commerçants, l’assurance décès revêt une importance encore plus stratégique. Le régime obligatoire de prévoyance y est souvent moins protecteur que pour les salariés, et la cessation d’activité à la suite d’un décès peut provoquer un arrêt net des revenus du foyer. Le capital décès permet alors de compenser cette perte brutale de chiffre d’affaires, de couvrir les charges professionnelles résiduelles (loyer du local, salaires des employés, stock) et, le cas échéant, de financer la transmission ou la liquidation de l’entreprise dans de bonnes conditions.

Concrètement, beaucoup d’indépendants choisissent un capital décès correspondant à un ou deux ans de revenu professionnel moyen. Cette réserve donne le temps à leurs proches de trouver un repreneur, de solder les emprunts professionnels, ou d’organiser une reconversion. Associée à une garantie invalidité ou perte totale et irréversible d’autonomie, l’assurance décès devient un véritable outil de gestion du risque entrepreneurial. Là encore, un contrat spécifiquement conçu pour les professions indépendantes (anciennement sous éligibilité Madelin) peut offrir des conditions fiscales intéressantes et des garanties mieux adaptées que les contrats grand public.

L’optimisation fiscale grâce à l’article 990 I du CGI

Au‑delà de la protection pure, l’assurance décès peut aussi participer à une stratégie de transmission patrimoniale optimisée. En France, l’article 990 I du Code général des impôts prévoit un régime spécifique pour les capitaux décès issus de contrats d’assurance souscrits avant le 70e anniversaire de l’assuré. Chaque bénéficiaire dispose ainsi d’un abattement de 152 500 euros sur les primes versées avant cet âge. Au‑delà, les capitaux sont taxés à 20 % jusqu’à 700 000 euros, puis 31,25 % au‑delà, des taux souvent plus avantageux que ceux applicables aux successions classiques.

Concrètement, cela signifie que vous pouvez transmettre, en plus de votre patrimoine successoral, des capitaux décès significatifs dans des conditions fiscales allégées. Pour un couple avec deux enfants, par exemple, un contrat d’assurance décès peut permettre de transmettre jusqu’à 305 000 euros par enfant (152 500 x 2 parents), hors droits de succession, sous réserve du respect des conditions de l’article 990 I. Attention toutefois : si les primes apparaissent manifestement « exagérées » au regard de votre patrimoine et de vos revenus, l’administration fiscale peut les requalifier partiellement en donation indirecte. D’où l’intérêt d’être accompagné dans la mise en place de montants adaptés à votre situation.

Critères de sélection d’un contrat d’assurance décès performant

L’évaluation du montant du capital en fonction des charges familiales

Le premier critère pour choisir une assurance décès performante reste le montant du capital garanti. Comment l’évaluer ? Une méthode simple consiste à recenser vos principales charges : capital restant dû sur les crédits (immobilier, auto, études), dépenses courantes annuelles (loyer, énergie, alimentation, assurances), frais de scolarité ou d’études futures des enfants. À partir de là, vous pouvez fixer un objectif : couvrir par exemple deux ou trois années de dépenses, ou solder intégralement les emprunts afin de dégager une marge de manœuvre au conjoint survivant.

Une fois ce premier chiffrage effectué, il convient de vérifier la cohérence de ce capital décès avec vos ressources actuelles. Mieux vaut parfois un capital un peu inférieur mais dont la cotisation reste supportable sur la durée, plutôt qu’une garantie ambitieuse que vous serez tenté de résilier au bout de quelques années. Vous pouvez également prévoir une clause d’indexation annuelle (par exemple 2 % ou l’inflation), afin que le capital décès conserve son pouvoir d’achat dans le temps. Enfin, gardez à l’esprit que ce montant est évolutif : la plupart des contrats permettent de l’ajuster à la hausse ou à la baisse lors de certains événements de vie (naissance, acquisition immobilière, augmentation significative de revenus).

L’analyse du questionnaire médical et des formalités de souscription

Le questionnaire médical est souvent perçu comme une étape contraignante, mais il conditionne directement le prix et l’étendue de vos garanties. Plus les informations fournies sont précises et complètes, plus l’assureur peut évaluer votre profil de risque de manière fine et, potentiellement, proposer une cotisation compétitive. À l’inverse, une déclaration inexacte ou une omission volontaire (pathologie chronique, antécédent de cancer, hospitalisation récente) peut entraîner la nullité du contrat au moment du sinistre. C’est un peu comme mentir sur le kilométrage parcouru pour une assurance auto : une économie apparente à court terme, mais un risque majeur au moment où l’on a besoin de l’assurance décès.

Selon votre âge, le montant du capital et votre état de santé, les formalités pourront aller du simple questionnaire à des examens plus complets (bilan sanguin, électrocardiogramme, visite médicale). Certains assureurs, notamment les néoassureurs, proposent des contrats d’assurance décès sans formalités médicales jusqu’à un certain capital, mais avec en contrepartie des exclusions élargies ou des primes plus élevées. Une bonne stratégie peut consister à comparer les deux approches : contrat avec questionnaire complet mais primes maîtrisées, ou contrat simplifié mais plus coûteux. Là encore, poser ouvertement vos questions au conseiller vous permettra de choisir en connaissance de cause.

La comparaison des taux de prime entre assureurs traditionnels et néoassureurs

Le marché de l’assurance décès s’est profondément transformé avec l’arrivée des néoassureurs et des comparateurs en ligne. Les compagnies traditionnelles proposent une large gamme de contrats, souvent distribués par des réseaux d’agences ou de courtiers, avec un accompagnement personnalisé. Les néoassureurs, eux, misent sur une souscription 100 % digitale, des processus de décision automatisés et des frais de fonctionnement réduits, ce qui peut se traduire par des primes plus agressives, en particulier pour les profils jeunes et en bonne santé.

Pour autant, le prix ne doit pas être l’unique critère. Lorsque vous comparez les taux de prime, veillez à vérifier aussi le périmètre des garanties (toutes causes ou accidentelles seulement), les exclusions, la présence d’un délai de carence, la possibilité d’ajouter ultérieurement des options comme la rente éducation, ainsi que la réputation de l’assureur en matière de service client et de rapidité de versement des capitaux décès. Une économie de quelques euros par mois peut se payer cher si le contrat se révèle difficile à faire jouer au moment du sinistre. Idéalement, appuyez‑vous sur un comparateur indépendant et n’hésitez pas à demander plusieurs devis d’assurance décès détaillés pour mettre en regard cotisation, capital et conditions contractuelles.

Les garanties complémentaires : rente éducation et capital obsèques

Au‑delà du simple capital décès, un contrat d’assurance décès performant se distingue souvent par ses garanties complémentaires. La plus connue est la rente éducation, qui prévoit le versement d’une somme périodique à chaque enfant jusqu’à un âge donné (souvent 18 ou 25 ans en cas de poursuite d’études). Cette rente permet de sécuriser le financement des frais de scolarité, du logement étudiant ou d’éventuelles études longues. C’est une façon concrète de s’assurer que, même en cas de disparition prématurée, le projet éducatif des enfants ne sera pas remis en cause.

Autre option fréquente : le capital obsèques, destiné à couvrir spécifiquement les frais liés aux funérailles. Vous pouvez choisir un montant dédié (par exemple 4 000 ou 5 000 euros) qui sera versé rapidement au bénéficiaire désigné ou directement à l’opérateur funéraire. Certains contrats d’assurance décès incluent aussi des services d’assistance : aide administrative, soutien psychologique, aide à domicile pour le conjoint survivant. Ces éléments ne sont pas toujours déterminants dans le choix initial, mais ils apportent un réel confort aux proches dans une période où ils doivent gérer à la fois le deuil et de nombreuses démarches pratiques.

Le questionnaire de santé et la tarification du risque assurantiel

Au cœur de la tarification d’une assurance décès, on retrouve la notion de risque assurantiel. L’assureur évalue la probabilité de survenance du décès pendant la période couverte et calcule en conséquence la prime à vous facturer. Cette évaluation repose principalement sur trois piliers : votre âge, votre état de santé et votre mode de vie. Le questionnaire de santé, complété le cas échéant par des examens médicaux, permet de dresser une sorte de « photographie » de votre profil à l’instant de la souscription. Un non‑fumeur de 35 ans sans pathologie particulière se verra ainsi proposer une cotisation très inférieure à celle d’un quinquagénaire fumeur souffrant d’hypertension.

Dans la pratique, l’assureur peut appliquer trois types de décisions : acceptation aux conditions standard (prime de base), acceptation avec surprime (prime majorée en raison d’un risque médical ou professionnel accru), ou refus de garantie. Certaines pathologies (cancers récents, maladies cardio‑vasculaires sévères, diabète mal équilibré) peuvent conduire à une surprime importante, voire à une exclusion ciblée (par exemple exclusion du décès lié à une maladie préexistante pendant une certaine durée). De même, la pratique de sports à risques (parachutisme, alpinisme, sports mécaniques) peut entraîner une majoration de la prime ou un avenant spécifique.

Face à ces enjeux, vous pouvez jouer sur quelques leviers. D’une part, souscrire tôt une assurance décès, lorsque vous êtes encore jeune et en bonne santé, permet de bénéficier de conditions plus avantageuses. D’autre part, certaines évolutions positives de votre mode de vie – arrêt du tabac, perte de poids, stabilisation d’une pathologie – peuvent justifier une renégociation de votre contrat ou un changement d’assureur. Comme pour une assurance auto, rien ne vous oblige à rester toute votre vie chez le même assureur : réaliser un bilan de prévoyance tous les 5 à 10 ans peut vous aider à ajuster votre couverture décès à votre situation réelle, sans surpayer inutilement.

Assurance décès versus prévoyance collective et contrats madelin

Lorsque l’on s’interroge sur l’utilité d’une assurance décès individuelle, une question revient souvent : est‑ce vraiment nécessaire si je bénéficie déjà d’une prévoyance collective via mon entreprise ? Les régimes collectifs (obligatoires pour les cadres, fréquents pour les non‑cadres) prévoient en effet le versement d’un capital décès aux ayants droit du salarié, généralement exprimé en multiple du salaire annuel brut (par exemple 100 % ou 200 %). Ce dispositif constitue une première ligne de protection intéressante, financée en tout ou partie par l’employeur, mais il présente plusieurs limites : la couverture cesse en principe lorsque vous quittez l’entreprise et le montant du capital décès n’est pas toujours suffisant pour protéger durablement votre famille.

C’est là que l’assurance décès individuelle prend tout son sens. Elle vous suit quel que soit votre employeur, même en cas de changement de statut (passage à temps partiel, reconversion en indépendant, période de chômage). Elle vous permet aussi de calibrer un capital décès en fonction de vos besoins réels, et non d’un barème collectif standard. Pour les travailleurs indépendants, artisans, commerçants ou professions libérales, les anciens contrats Madelin de prévoyance – aujourd’hui intégrés dans le cadre plus large de la loi PACTE – ont longtemps permis de déduire fiscalement les cotisations d’assurance décès du bénéfice imposable, sous certaines conditions.

Si vous exercez à votre compte, il reste pertinent d’examiner avec votre expert‑comptable ou votre conseil en gestion de patrimoine les solutions de prévoyance dédiées à votre statut. Elles peuvent combiner capital décès, rente éducation, garantie invalidité et indemnités journalières en cas d’arrêt de travail, tout en bénéficiant d’un traitement fiscal spécifique. En résumé, la prévoyance collective et les contrats professionnels constituent un socle de base, mais une assurance décès individuelle bien choisie vient sécuriser votre famille sur le long terme, indépendamment de votre employeur ou de l’évolution des régimes sociaux.

La procédure de déclaration de sinistre et versement des indemnités

Enfin, comprendre le parcours de versement du capital décès permet de rassurer vos proches et de s’assurer que l’argent leur parviendra rapidement le moment venu. En cas de décès de l’assuré, la première étape consiste à informer l’assureur dans les délais prévus au contrat, en général dans les 12 à 24 mois suivant le décès, même si la plupart des compagnies font preuve d’une certaine souplesse. Cette déclaration peut être réalisée par le conjoint, un enfant, un proche ou le notaire chargé de la succession. Elle doit être accompagnée d’un acte de décès, d’un justificatif d’identité du ou des bénéficiaires, d’un relevé d’identité bancaire et, parfois, d’un certificat médical précisant les causes du décès pour vérifier l’absence d’exclusion de garantie.

Une fois le dossier jugé complet, l’assureur dispose d’un délai – souvent compris entre 15 et 30 jours – pour procéder au versement du capital décès ou mettre en place la rente prévue. Si des investigations complémentaires sont nécessaires (par exemple en cas de décès à l’étranger, d’accident complexe ou de suspicion de fausse déclaration), ce délai peut être prolongé, mais l’assureur doit alors en informer les bénéficiaires et justifier sa démarche. En cas de pluralité de bénéficiaires, chacun reçoit la part du capital qui lui revient selon la clause bénéficiaire. Les sommes versées n’entrent pas dans l’actif successoral, sauf cas particuliers, ce qui simplifie les démarches et permet de disposer rapidement de liquidités, indépendamment du règlement de la succession.

Pour faciliter cette procédure à vos proches, vous pouvez prendre plusieurs précautions en amont : conserver votre contrat d’assurance décès avec vos documents importants, informer au moins une personne de confiance de l’existence du contrat et des coordonnées de l’assureur, et, le cas échéant, signaler ce contrat à votre notaire. Vos bénéficiaires pourront aussi, en cas de doute, saisir l’AGIRA (l’Association pour la gestion des informations sur le risque en assurance), qui centralise les demandes de recherche de contrats d’assurance vie et décès au nom d’une personne décédée. Ainsi préparée, votre assurance décès jouera pleinement son rôle : transformer, dans un moment difficile, une épreuve financière potentielle en sécurité concrète pour ceux qui comptent le plus pour vous.